Attitudes à l’égard des médecines complémentaires

Mar 29, 2019

10:00

Amphithéâtre Rondelet

30min

Les approches de santé intégratives et complémentaires (ICHA en anglais) sont souvent utilisées par les patients devant faire face à une maladie chronique. La plupart des études qui ont évalué les facteurs associés à l’utilisation de ICHA ont eu tendance à considérer que la propension à utiliser ou non ces médecines était une caractéristique fixe des individus. Or certaines personnes peuvent avoir une préférence pour les ICHA dans certaines situations et non dans d’autres, en fonction par exemple de la nature de la maladie à laquelle ils font face. De plus l’attitude à l’égard des ICHA est susceptible de changer d’un individu à l’autre mais aussi pour un même individu de sorte que le recours aux ICHA peut se faire soit en plus (i.e. attitude complémentaire) ou à la place (i.e. attitude alternative) des traitements conventionnels. Notre étude avait pour objectif d’examiner différents profils d’attitudes à l’égard des ICHA chez des personnes exposées virtuellement à des maladies chroniques dont l’expression clinique ou la sévérité variait. Elle a été réalisée en ligne sur internet et a inclus 1.807 participants à qui il était demandé d’imaginer qu’ils pourraient être confrontés à une maladie chronique à partir de vignettes cliniques (les maladies utilisées étaient soit psychiques : schizophrénie, dépression, ou somatiques : sclérose en plaques SEP, polyarthrite rhumatoïde). Les participants devaient évaluer leur niveau de stress subjective et de stigma social perçu en lien avec chaque maladie. Il leur a été demandé également d’évaluer subjectivement le caractère traitable ou non de cette maladie, la croyance quant à l’efficacité de ce traitement et leur préférence en termes de traitement parmi plusieurs options possibles. Quatre profils de choix de traitement ont été isolé en fonction des réponses : conventionnel strict, complémentaire faible ou fort, ou alternatif. Les analyses statistiques ont été réalisées au moyen de méthodes bayésiennes. Les résultats montrent que les ICHA ont été choisies comme une option complémentaire dans plus de 95% des cas par les personnes faisant ainsi virtuellement face à une maladie chronique. L’utilisation complémentaire des ICHA (en plus des traitements conventionnels) était plus fréquent que l’utilisation alternative (à la place des traitements conventionnels). L’âge, le statut professionnel, la sévérité de la maladie, les niveaux perçus de stress et de stigma social liés à la maladie ainsi que leur caractère traitable modifiaient les profils de choix. Ce profil de choix était également modifié lorsque le nom de la maladie était explicitement indiqué en plus des symptômes présentés dans les vignettes cliniques. Cette étude apporte des arguments suggérant que le pluralisme médical serait davantage la norme que l’exception chez les personnes exposées à une maladie mentale ou somatique. Elle souligne également l’importance de prendre en compte les représentations des ICHA pour mieux comprendre les motivations qui conduisent les patients à les utiliser.

  • Chair: Julien NIZARD

    CUMIC, CHU de Nantes, Université de Nantes

  • Pr. Fabrice BERNA

    Professeur, MD, PhD

    Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, Université de Strasbourg, INSERM U1114, Fondation FondaMental, Collège Universitaire des Médecines Intégratives et Complémentaires

  • CONFERENCE EN FRANCAIS

  • SESSION CUMIC

    Collège Universitaire de Médecines Intégratives et Complémentaires

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